Le marais aux mille chaumières

Parc de Brière depuis Pornichet

Promenades en chaland, villages de chaumières, roselières et oiseaux migrateurs : le parc naturel régional de Brière à vingt minutes de la côte.

Parc de Brière depuis Pornichet : le Dépaysement à Vingt Minutes

À une vingtaine de minutes au nord de Pornichet commence un tout autre monde. Le parc naturel régional de Brière couvre près de 50 000 hectares, dont 20 000 de marais, ce qui en fait la deuxième zone humide de France après la Camargue. Roselières à perte de vue, canaux rectilignes, chaumières au toit de roseau, chalands à fond plat : le contraste avec la côte est total, et c’est précisément ce qui rend l’excursion si intéressante depuis une station balnéaire.

La promenade en chaland

C’est l’expérience emblématique du marais, et la meilleure porte d’entrée pour le comprendre.

Le chaland est une barque traditionnelle à fond plat, autrefois outil de travail quotidien des Briérons pour le transport de la tourbe, du roseau et du bétail. Aujourd’hui, des guides — souvent originaires du marais — conduisent les visiteurs à la perche ou au moteur électrique dans les canaux appelés curées.

La promenade dure généralement quarante-cinq minutes à une heure et se réserve dans plusieurs ports du parc : Île de Fédrun, Bréca, La Chapelle-des-Marais, Rozé. Le commentaire du guide fait la différence : il explique l’histoire du droit d’usage collectif des Briérons, l’exploitation de la tourbe, la coupe du roseau et l’écologie du marais.

Les meilleures conditions sont tôt le matin ou en fin de journée, quand la lumière est rasante et que les oiseaux sont actifs. Réservez en saison, les créneaux partent vite.

Les villages de chaumières

Le village de Kerhinet, sur la commune de Saint-Lyphard, est l’ensemble le plus complet : une vingtaine de chaumières restaurées formant un hameau entièrement piéton, avec artisans, expositions et auberge. C’est l’endroit le plus visité du parc et une bonne introduction pour qui dispose de peu de temps.

L’île de Fédrun, à Saint-Joachim, est plus authentique. Ancienne île habitée au cœur du marais, elle aligne ses chaumières le long d’un chemin circulaire, chacune disposant de son accès à l’eau à l’arrière. La Maison de la Mariée y raconte une tradition locale singulière : la confection de couronnes de mariée en fleurs de cire, activité économique importante au XIXᵉ siècle.

Le toit de chaume, fait de roseau coupé sur place, n’est pas un décor : c’est un savoir-faire toujours pratiqué, et les chaumiers du parc entretiennent un patrimoine vivant.

Observer les oiseaux

La Brière est un site ornithologique majeur, classé zone humide d’importance internationale. Plus de deux cents espèces y sont recensées.

Le marais de Rozé, avec son observatoire et son parc animalier, est le meilleur point d’observation pour les débutants. On y voit selon la saison hérons cendrés, aigrettes garzettes, spatules blanches, busards des roseaux, guifettes noires et de nombreux canards.

Les périodes les plus riches sont le printemps, avec la nidification et le retour des migrateurs, et l’automne, avec les passages migratoires. L’hiver offre les concentrations d’anatidés les plus importantes.

Emportez des jumelles : sans elles, l’essentiel se passe hors de portée.

Randonner et pédaler

Le parc est traversé par de nombreux sentiers balisés, plats et faciles, souvent aménagés sur les digues et les chemins de halage. La randonnée en Brière n’est pas sportive, elle est contemplative.

Les pistes cyclables et les petites routes du marais offrent des itinéraires remarquables, notamment autour de Saint-Lyphard, Saint-André-des-Eaux et Saint-Joachim. La proximité avec Pornichet permet d’envisager la journée entièrement à vélo pour les cyclistes entraînés — comptez une heure à l’aller par Saint-André-des-Eaux.

Comment s’y rendre depuis Pornichet

En voiture, c’est le plus simple : quinze à trente minutes selon le point d’entrée choisi. Saint-André-des-Eaux est le plus proche, Kerhinet et Saint-Lyphard à une vingtaine de minutes, Saint-Joachim et Fédrun à une trentaine.

Le parc étant vaste et les sites dispersés, la voiture ou le vélo restent nécessaires pour circuler entre les différents pôles. Les transports en commun desservent partiellement le secteur, avec des fréquences limitées.

Quand y aller

Le printemps et le début de l’automne offrent les meilleures conditions : lumière, activité ornithologique, températures agréables et fréquentation modérée. L’été est plus touristique mais permet des promenades en chaland en soirée, particulièrement belles.

L’hiver a ses partisans : brumes matinales sur les canaux, marais en eau, silence complet. Vérifiez toutefois les périodes d’ouverture, plusieurs prestataires fermant de novembre à mars.

Prévoyez des chaussures adaptées et, de mai à septembre, une protection anti-moustiques — le marais porte bien son nom.

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